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Soumis à une pression intense de l’impérialisme américain, le Parti communiste de Cuba (PCC) a annoncé une série de réformes économiques qui, si elles étaient mises en œuvre, pourraient bien conduire à la destruction des acquis de la révolution cubaine. Ces réformes, qui ont maintenant été approuvées à l’unanimité par l’Assemblée nationale cubaine, démantèleraient ce qui reste de l’économie planifiée et autoriseraient sans presque aucune limite la propriété privée et la pénétration économique impérialiste de l’île. Ceux qui défendent la révolution cubaine doivent s’opposer à ces mesures, qui sont la porte ouverte à la contre-révolution soutenue par les impérialistes.

Miguel Díaz-Canel, le chef du PCC, prétend que ces réformes sont nécessaires à la « poursuite du processus de construction socialiste » sous la menace des canons de l’impérialisme américain. Non ! Elles constituent une capitulation devant l’impérialisme. Les « investisseurs » qui vont fondre sur l’île sont les vautours des fonds spéculatifs ainsi que les gusanos [émigrés cubains anticastristes] de Miami qui avaient été chassés en 1959, et qui vont mettre la main sur l’industrie et les ressources de Cuba pour s’en mettre plein les poches. Ils démantèleront totalement ce qui reste des acquis de la révolution dans des domaines comme la santé et l’éducation et ils feront en sorte que, d’une façon ou d’une autre, le PCC soit chassé du pouvoir.

Les dirigeants du PCC affirment qu’ils suivent le « modèle » de la Chine et du Vietnam, qui ont vu l’introduction de mécanismes de marché et d’investissements impérialistes sous le contrôle en dernier recours de l’État. Ce n’est pas ce qui est en train de se passer. Les mesures que Díaz-Canel a proposées sont exactement les mêmes que celles dictées par les dirigeants américains, qui sont farouchement déterminés à détruire le seul État ouvrier des Amériques. En réponse, les dirigeants du PCC comptent sur le mirage des négociations avec Washington. Le résultat a été une escalade des attaques menées par Trump et Rubio (le ministre des Affaires étrangères américain). L’économie ayant été mise à genoux par le blocus américain, auquel s’ajoute la mauvaise gestion bureaucratique, les dirigeants du PCC s’apprêtent maintenant à trahir et liquider la révolution.

Le vrai parallèle avec ce qui se passe aujourd’hui, ce n’est ni la Chine ni le Vietnam, mais l’Union soviétique à la fin des années 1980. Les privatisations massives et les concessions à l’impérialisme faites sous Mikhaïl Gorbatchev avaient pavé la voie à la destruction du premier État ouvrier du monde, ce qui a été un désastre pour les travailleurs du monde entier. Avec leurs mensonges, leur corruption et leur mauvaise gestion, les dirigeants soviétiques avaient poussé une grande partie de la population de l’URSS vers la droite, favorisant ainsi considérablement les menées de la contre-révolution. C’est la même menace qui plane aujourd’hui sur Cuba.

Il faut se battre contre la trahison des dirigeants du PCC !

La nécessité urgente, c’est de forger une opposition de gauche à la trajectoire des dirigeants du PCC, en cherchant à unir les travailleurs cubains contre la destruction de leur révolution. Tout le monde sait que la situation actuelle – coupures d’électricité quotidiennes, graves pénuries de produits alimentaires et de médicaments, effondrement de l’économie – ne peut pas durer. Le peuple cubain est aujourd’hui face à deux alternatives radicalement opposées : la contre-révolution capitaliste et le joug sans limites de l’impérialisme américain, ou la lutte pour un socialisme authentique, purgé du bureaucratisme et basé sur la démocratie ouvrière et la solidarité avec les travailleurs du monde entier. La deuxième alternative ne sera pas facile, mais c’est la seule voie pour aller de l’avant. Ne laissons pas sans combat la révolution se faire détruire !

Nous en appelons entre autres aux militants dissidents du PCC et de l’Unión de Jóvenes Comunistas [Jeunesses communistes] et aux militants de gauche non organisés pour qu’ils se rassemblent derrière une perspective socialiste de combat. Le point de départ est de mettre fin à toute conciliation envers les impérialistes et d’appeler les travailleurs de tous les pays à prendre fait et cause pour Cuba. Espérer survivre à Trump et attendre l’arrivée d’une administration américaine progressiste en 2028 ne mènera nulle part. Le temps est compté et les Démocrates, comme les Républicains, sont des ennemis jurés de la révolution qui imposent blocus et sanctions depuis des décennies. Les travailleurs aux États-Unis, et notamment les travailleurs noirs et latinos, subissent les attaques incessantes des capitalistes. Ce sont eux les alliés vers qui nous devons nous tourner.

Le blocus pétrolier américain n’est efficace que parce que les élites au pouvoir dans le reste de l’Amérique latine l’appliquent : pas seulement le Venezuela de Delcy Rodríguez mais aussi les gouvernements « progressistes » du Mexique et du Brésil. Contrairement au PCC qui ne cesse d’abreuver de louanges ces gouvernements, nous devons exiger qu’ils brisent le blocus américain en reprenant et en augmentant les livraisons de pétrole à Cuba. Cela veut dire appeler les travailleurs de ces pays à agir indépendamment de leurs propres dirigeants et contre ceux-ci. Cela permettrait non seulement d’aider directement Cuba, mais aussi de faire avancer la lutte anti-impérialiste dans toute l’Amérique latine.

Une opposition de gauche doit appeler le Parti communiste de Chine à stopper sa politique de conciliation avec l’impérialisme et à envoyer une aide massive en matériel et en hommes pour reconstruire les infrastructures cubaines. La classe ouvrière chinoise, avec sa puissance sociale sans égale, doit reprendre cet appel à son compte. Des livraisons de riz et autres formes d’aide humanitaire ne sont absolument pas suffisantes. Si Cuba montre sa détermination à se battre, cela pourra attirer le soutien de millions de travailleurs, en Chine et dans le Sud global.

Pour les militants de gauche qui à l’étranger se sont mobilisés pour la défense de Cuba tout en soutenant la politique de la direction du PCC, nous disons : changez de cap ! Il est maintenant plus clair que jamais que défendre la révolution cubaine veut dire combattre la capitulation ouverte du gouvernement Díaz-Canel devant l’impérialisme, avec le soutien explicite de Raúl Castro.

À Cuba, une opposition de gauche à la direction du PCC doit en appeler aux ouvriers et aux paysans pour qu’ils cherchent une autre voie. Beaucoup de Cubains, notamment parmi les plus jeunes, détestent la politique suivie par le PCC − elle a conduit à l’aggravation des inégalités et des privations. Mais on ne leur propose aucune issue positive. Livrer Cuba aux impérialistes conduira à des inégalités bien plus fortes et détruira les réels acquis de la révolution de 1959. Le problème n’est pas la planification économique mais la mauvaise gestion bureaucratique et la corruption. Et le socialisme authentique nécessite la démocratie ouvrière, pas la répression des opinions socialistes dissidentes et des protestations légitimes.

Les semaines à venir montreront s’il est possible de forger une opposition authentiquement socialiste à la trajectoire désastreuse des dirigeants du PCC. Le temps est compté. L’enjeu est historique : il faut que les véritables communistes soient à la hauteur de la situation et se battent pour la défense de la révolution cubaine !