https://iclfi.org/pubs/lb/242/cuba-petrole
Déclaration du 31 janvier de nos camarades du Grupo Espartaquista de México.
Trump a annoncé jeudi dernier des droits de douane supplémentaires s’appliquant à tout pays livrant du pétrole à Cuba ; il a déployé un porte-avions et des navires de guerre au Nord de l’île tout en fanfaronnant que Cuba « ne pourra pas survivre ». La victoire de la Révolution cubaine en 1959, et l’État ouvrier qui en est issu, a toujours été un affront pour les impérialistes, à quelques encablures des côtes américaines, et Trump est déterminé à en finir avec elle. La menace des droits de douane vise en particulier le Mexique qui, après l’invasion du Venezuela par les États-Unis, est devenu pratiquement le seul fournisseur de pétrole brut à Cuba. Si l’on ne s’oppose pas à cette attaque, la démoralisation gagnera les masses laborieuses latino-américaines, qui historiquement voient en Cuba un phare de la lutte anti-impérialiste, et Trump progressera dans son objectif d’asservir toute la région. Il faut résister. À bas le blocus ! Yankees, hors de Cuba et de toute l’Amérique latine !
La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a déclaré que les décisions de Trump pourraient provoquer une crise humanitaire à Cuba, car elles « affecteraient directement les hôpitaux, l’alimentation et autres services vitaux pour le peuple cubain ». C’est certain ! Le Mexique doit défier le blocus et envoyer d’urgence davantage même de pétrole à Cuba. Mais le gouvernement mexicain a pris la décision rien moins que « souveraine » de suspendre les livraisons de pétrole et de chercher une solution diplomatique au conflit, essayant ainsi de ménager les impérialistes et les élites mexicaines. Cuba n’a pas de temps à perdre en manœuvres futiles. La décision de Sheinbaum représente une trahison et une condamnation à mort pour le peuple cubain.
Beaucoup de gens pensent que la présidente fait ce qu’elle peut dans les circonstances présentes, et qu’elle fait passer en premier l’intérêt du Mexique. Mais il devrait être clair aujourd’hui que Trump n’est pas intéressé par la diplomatie et la négociation, mais qu’il veut une soumission totale. Reculer pour gagner du temps et pouvoir reprendre le combat n’est pas une capitulation, mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit ici. En réalité, le gouvernement mexicain a fini par céder à Trump en tout point, ce qui ne peut que conduire à une soumission accrue. Regardez ce qui s’est passé au Venezuela ! Le Mexique n’est pas totalement sans défense. Il peut exploiter à son avantage l’étroite imbrication des économies américaine et mexicaine – par exemple en mettant à l’arrêt les chaînes logistiques de l’industrie américaine ou en confisquant les actifs impérialistes ici si les menaces continuent. Mais pour ce faire, il faut mobiliser les travailleurs contre le racket de Trump et ne pas céder aux diktats impérialistes.
Alors même que Trump a déclaré à plusieurs reprises qu’après le Venezuela, les prochains sur la liste étaient Cuba, la Colombie et le Mexique, Claudia Sheinbaum a essayé de nous vendre l’idée qu’une attaque militaire contre notre pays serait impossible. C’est une illusion mortelle. La défense de Cuba n’est pas une question de solidarité abstraite, elle est vitale pour notre propre défense. La même force qui étouffe Cuba étrangle économiquement le Mexique et provoque des milliers de licenciements dans les maquiladoras et l’industrie automobile, provoquant ainsi la ruine de villes entières. Les syndicats auront d’autant plus la force de se défendre contre ces attaques que le pays résistera aux impérialistes. Mais l’obstacle qui empêche de mobiliser la formidable puissance du prolétariat mexicain, ce sont les directions syndicales actuelles, qui ne sont jamais avares de belles paroles sur la souveraineté nationale et le soutien à Cuba, mais qui partagent la stratégie de Sheinbaum pour « défendre » le pays et n’ont pas levé le petit doigt. Les syndicats doivent prendre fait et cause pour la défense de Cuba ; en particulier, le syndicat des travailleurs du pétrole doit s’assurer que le pétrole soit bien livré. Aujourd’hui plus que jamais, il faut lutter. Pour un front unique anti-impérialiste en défense de Cuba et du Mexique !

