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Le 12 février Bilel, un jeune postier en CDI père de famille travaillant à la plate-forme industrielle courrier (PIC) de la Poste à Wissous (91), sortait de l’enceinte de la PIC pendant la pause du dîner pour acheter un sandwich et une canette de Red Bull. Alors qu’il avait repris son poste, Bilel a été convoqué au bureau des RT (responsables traitement) où il a subi deux éthylotests, une balance ayant dénoncé son haleine. Les tests étant positifs, il a immédiatement fait l’objet d’une mise à pied conservatoire jusqu’à la tenue d’une CCP (Commission consultative paritaire) le 28 avril. La direction réclamait le « licenciement pour faute grave ».

Bilel n’a commis aucun crime ! Il fallait exiger inconditionnellement : Aucune sanction contre Bilel ! Un de nos lecteurs s’est appuyé sur les collègues connaissant bien Bilel comme un travailleur sérieux pour approcher le syndicat SUD, chargé de sa défense en CCP, et la CGT dont il est membre. La question était d’organiser une mobilisation pour Bilel, y compris un rassemblement syndical le plus large possible le 28 avril pour appuyer sa défense en CCP. Bilel étant partant, l’initiative était initialement soutenue par divers syndicalistes de la PIC, notamment un militant SUD ainsi qu’une militante de la CGT proche de LO, cette dernière promettant de soulever son cas à l’heure syndicale d’information du 14 avril.

Pourtant, dès le départ, les directions syndicales ont activement fait obstacle à toute mobilisation lutte de classe, plaçant leur confiance dans la clémence du patron. La représentante de la CGT a finalement évité de soulever le cas de Bilel à l’heure d’information syndicale, prétextant honteusement qu’« on ne peut pas sauver qu’une seule personne, on veut sauver tout le monde » ! Typique de LO qui oppose ces deux luttes au lieu de les allier en utilisant la première pour faire avancer la deuxième.

De leur côté, le dirigeant de la section SUD ainsi que la militante chargée de sa défense en CCP, elle-même élue au CSE, se sont carrément insurgés contre toute mobilisation des collègues ! Le premier argumentait que ce serait « contre-productif » car « il n’y aura que deux ou quatre personnes » et que Bilel n’est pas Gaël Quirante (voir article ci-dessus). Il est allé jusqu’à affirmer à l’heure d’info syndicale SUD du 24 avril qu’il était prêt « à mettre sa main à couper » que Bilel ne serait pas licencié.

À l’heure où nous écrivons ces lignes, Bilel est pourtant en danger : étant en Tunisie, il n’a pas pu prendre l’avion à temps pour la CCP car il avait une otite. Malgré une ordonnance médicale stipulant que son état de santé ne lui « permet pas de voyager par avion », la commission a demandé le licenciement pour « faute simple ». Les syndicats doivent contester le licenciement de Bilel et mobiliser les travailleurs !

Ce refus de mobiliser les syndicats pour défendre sérieusement un collègue par la lutte encourage les patrons à lancer de nouvelles attaques et contribue au discrédit des syndicats. Deux autres collègues viennent d’écoper d’un avertissement, l’un pour avoir roulé une cigarette, l’autre pour avoir consulté son téléphone quelques minutes avant la fin de service ! Aucune confiance dans la mansuétude des patrons !

Depuis déjà un quart de siècle, la Poste s’est transformée en véritable laboratoire des « thérapies de choc » anti-ouvrières : précarisation de l’emploi par l’intérim et la sous-traitance, chasse aux syndicalistes, privatisations, licenciements, « réorganisations » incessantes… Au fil des années, nombreux ont été les collègues poussés au suicide. Ça suffit ! Les syndicats doivent se battre pour défendre tous les collègues !