https://iclfi.org/pubs/lb/2026-serrer-rang
Les énormes manifs du 17 ont montré l’énorme rage accumulée dans toutes les couches de la société contre le macronisme agonisant. Elles se sont terminées par des émeutes d’une amplitude inédite et une nouvelle vague de terreur policière avec des milliers d’arrestations et de nouvelles mutilations. Cette explosion de colère est le résultat direct de la violence innommable des flics contre les jeunes des quartiers, les lycéens, les gilets jaunes, etc. Mais il faut dire sans hésiter que ces méthodes sont contre-productives et néfastes au mouvement. La stratégie de l’émeute ne peut qu’isoler le mouvement lycéen de la masse des travailleurs et le rendre encore plus vulnérable à la terreur des flics, tout en poussant davantage les petits commerçants dans les bras du RN.
Contre le torrent de réaction qui s’abat maintenant il faut serrer les rangs et s’organiser. Pour que le mouvement ouvrier entre dans la danse après le 17 (où il était totalement absent en tant que force organisée), il faut que l’avant-garde montre un visage à la fois militant et discipliné. Divers appels circulent pour de nouvelles mobilisations dans les jours qui viennent, notamment samedi 24. Il faut à tout prix éviter une répétition du 17 car le rapport des forces serait tout autre et isolerait davantage le mouvement. Camarades, faites attention à vous ces prochains jours face aux rafles et à la terreur déchaînée des flics. Le gouvernement est fragilisé mais il réagit avec d’autant plus de violence comme un animal blessé. Il faut être clair : ce n’est pas nous mais l’extrême droite qui a le vent en poupe à présent. Il manque plusieurs étapes avant de pouvoir parler de Mai 68.
Il faut concentrer l’effort sur le maintien de la mobilisation lycéenne et étudiante au travers d’AG les plus massives possible à la rentrée le 2. Ensuite, beaucoup va se jouer le 5 lors de la journée d’action appelée par les syndicats. Nous savons tous que les bureaucrates ont en tête une journée « carrée » inoffensive. Ils ont boycotté la manif du 17, et les mélenchonistes sont seulement capables d’appels gazeux, pas d’organiser la manifestation et d’en faire une démonstration de force prolétarienne et disciplinée.
L’extrême gauche a une responsabilité particulière pour non seulement faire du 5 novembre un succès, mais jeter les bases d’un renversement de la vapeur après le torrent réactionnaire immédiat. Ni les bureaucrates, ni les mélenchonistes ne vont faire entrer la masse des travailleurs dans la bataille, c’est évident. C’est à la gauche trotskyste de se battre pour cela. Pour commencer dans cette voie, les organisations d’extrême gauche devraient dépasser leur sectarisme et leurs intérêts de chapelle en se réunissant ensemble pour préparer un bloc révolutionnaire unitaire conséquent, avec bien entendu chaque organisation ayant ses propres mots d’ordre. Nous proposons comme base d’un tel bloc d’appeler les travailleurs à rejoindre les lycéens.
Un tel front unique trotskyste permettrait de montrer qu’il est possible d’être à la fois combatif, radical et discipliné, et de montrer qu’il existe une alternative non seulement aux cortèges routiniers des bureaucrates mais aussi à l’ « action directe » minoritaire des autonomes pour orienter la colère des lycéens dans une voie constructive. Ce serait un premier pas pour structurer le mouvement et nous présenter comme une alternative crédible aux bureaucrates et à LFI – ce qui manque à la classe ouvrière pour l’arracher à sa passivité et sa démoralisation actuelles. Un cortège unitaire nombreux et combatif jetterait les bases pour lutter pour la grève reconductible.

