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https://iclfi.org/pubs/lb/2026-organiser-lycees

La révolte des lycées a montré sa puissance le 6 octobre. La stratégie du gouvernement, en continuant à déchaîner les flics, consiste à faire le gros dos jusqu’aux vacances scolaires en espérant que le mouvement se dégonfle lui-même. Si le mouvement reste limité aux lycéens, effectivement il finira par s’étioler face à la répression. S’il s’élargit jusqu’à mobiliser toute la puissance de la classe ouvrière, il peut gagner comme cela a été le cas en 1986 contre la loi Devaquet et en 2006 contre le CPE. Toute la question est de trouver la manière d’élargir le mouvement.

Révolution Permanente va dans cette direction avec son éditorial d’hier. Elle cherche à trouver les moyens d’organiser la lutte en appelant à un plan d’action syndicale et en appelant à doter le mouvement lycéen d’un cadre organisationnel : « assemblées, délégués mandatés, coordinations entre lycées et universités ». En effet, la faiblesse principale du mouvement réside dans son caractère spontané. Mais il faut aller plus loin. Il doit se doter d’une structure nationale unitaire pour tenir dans la durée. À l’heure actuelle, la construction d’une telle organisation lycéenne unitaire doit être le fer de lance de l’intervention des révolutionnaires. Il faut appeler toutes les organisations qui soutiennent le mouvement à travailler ensemble dans ce sens !

Dans les syndicats, RP appelle à « exiger [des dirigeants syndicaux] un plan pour unifier la colère et lui permettre de se maintenir malgré les vacances scolaires ». Elle dénonce à juste titre le sabotage bureaucratique de l’intersyndicale d’appeler à une manifestation seulement le 5 novembre. Mais il faut un appel concret qui trouve un écho parmi les travailleurs et leur permette de faire pression sur leurs dirigeants, alors même qu’une partie significative de la classe ouvrière est sensible à la propagande du gouvernement sur les casseurs et même sur la dette. Il faut donc identifier le secteur le plus susceptible de prendre l’initiative de façon à démarrer le mouvement dans un contexte de montée de l’extrême droite et de faiblesse patente du mouvement ouvrier.

En l’occurrence il s’agit manifestement des profs, très nombreux à descendre dans la rue le 6. Les lycéens se battent littéralement pour eux. Il faut lutter pour une grève reconductible de l’éducation. Le gouvernement redoute cette perspective, il l’anticipe en procédant à des fermetures de lycée. Pour contrer la manœuvre, il faut que les grévistes occupent les bâtiments avec les lycéens.

Finalement, le contexte réactionnaire est plein de dangers pour les lycéens. La lutte promet d’être longue et acharnée pour gagner peu à peu des couches plus larges de travailleurs à se mobiliser. Il faut éviter l’optimisme exagéré sur l’imminence d’un « octobre rouge » surgissant spontanément du mouvement. Les espoirs déçus peuvent conduire rapidement à la démoralisation tout en isolant davantage les révolutionnaires. Il faut au contraire être prêt à tenir sur la durée, ce qui ne sera pas possible sans une centralisation unitaire de la lutte et une perspective politique large.

Pour y arriver, il faut surmonter l’obstacle du sectarisme où chaque organisation essaie de tirer la couverture à soi, avec pour résultat que les lycéens se dégoûtent de chacune. La victoire de la révolte exige l’unité face à Geffray et Macron ! Et le succès de chacune de nos organisations sera mesuré par notre capacité à faire avancer le mouvement commun.

– Organisation nationale unitaire de la révolte !

– Grève reconductible de l’éducation !

– Lycéens : Préparez-vous à une lutte dans la durée !