https://iclfi.org/pubs/lb/2026-profs2
La lutte est à un tournant aujourd’hui : les manifestations auront beau être très massives, si on veut faire reculer le gouvernement il faut engager le mouvement ouvrier dans une lutte prolongée. Il faut trouver un levier pour cela. Depuis le début les profs et travailleurs de l’éducation ont été les plus mobilisés et ils sont concernés au premier chef par la lutte des lycéens. Le mouvement lycéen a commencé sur des revendications les concernant directement en exigeant notamment des embauches en masse et la réfection des locaux. Concentrons nos efforts pour faire entrer ce secteur dans la lutte, comme c’est déjà le cas à Paul-Éluard dans le 9-3.
Personnels de l’éducation : Préparez des AG réunissant l’ensemble des travailleurs, y compris les AED, personnels des cantines, etc. pour argumenter que la grève reconductible est la seule manière de faire manger à Macron et Geffray leurs promesses mensongères et hypocrites et de les faire céder véritablement. Il est clair qu’il ne suffira pas de claquer des doigts pour voter la grève. Il faut convaincre les profs retardataires, qui sont nombreux, que les préjugés républicains contre les casseurs et les musulmans sont distillés par le gouvernement afin de détruire leur propre statut et niveau de vie en les dressant contre leurs propres élèves et contre les travailleurs musulmans. Pour que les profs jouent à nouveau un rôle de premier plan dans la lutte, comme en 2003, pour reconstruire en même temps les syndicats dans ce secteur, il faut prendre à bras-le-corps la question du républicanisme laïcard et celle de l’externalisation des personnels soi-disant « annexes ». Et c’est ainsi qu’on pourrait commencer à faire reculer les idées de droite parmi vos collègues.
Jeunes des lycées et des facs : Mettez la pression sur vos profs pour qu’ils se joignent à la lutte que vous menez depuis des semaines. La répression, déjà bien engagée (par exemple à Paul-Éluard contre les travailleurs accusés d’avoir empêché une rafle de la BAC), risque de s’amplifier si on abandonne maintenant, et elle servirait à casser encore davantage le statut des enseignants. Les profs ont été des dizaines de milliers à se mobiliser ponctuellement. Ils doivent vous défendre aujourd’hui pour se défendre eux-mêmes, et la grève est le meilleur moyen !
Travailleuses, travailleurs des autres secteurs : La situation est difficile, certes. Mais chaque initiative pour défendre les lycéens sert directement à la défense de vos conditions de travail face à l’offensive tous azimuts des patrons. Elle contribuera à jeter les bases pour ressouder patiemment des équipes de militants et préparer les prochaines échéances.
Militantes et militants d’extrême gauche : Il est indispensable de coordonner nos efforts ; la base politique existe car il y a dans cette lutte un accord de fond entre nos groupes sur la nécessité centrale d’étendre la lutte à la classe ouvrière et d’offrir une alternative prolétarienne visible et crédible face à l’hégémonie de Mélenchon dans la gauche. Exigez de vos directions qu’elles se rencontrent au sommet pour taper ensemble dans la même direction. C’est en unissant notre action que chacun de nos groupes tirera le plus grand bénéfice de cette lutte en gagnant de nouveaux militants pour préparer les nouvelles échéances.
La division de nos rangs affaiblit grandement notre audience dans la mobilisation. Pire, les conflits entre organisations pour se mettre sur le devant dans le mouvement étudiant (notamment entre RP et le NPA-R) entravent la lutte commune contre l’anarchisme des autonomes, qui cherchent à imposer des blocages et autres actions minoritaires : de telles actions empêchent d’élargir le mouvement à la grande masse des étudiants.
- Grève reconductible dans l’éducation !
- Libération, relaxe et amnistie de toutes les victimes de la répression de ces dernières semaines !

