https://iclfi.org/spartacist/fr/2026-bolivie/dangers
Les masses héroïques des travailleurs, des paysans et des peuples autochtones de Bolivie montrent la voie une fois de plus. Depuis des semaines, elles paralysent l’économie par des grèves, des barrages routiers et des manifestations pour renverser le régime détesté de Rodrigo Paz, mettre fin à leur misère abjecte et libérer le pays du pillage de l’impérialisme américain.
Nous saluons le courage révolutionnaire des masses boliviennes, dont la victoire pourrait renverser la vapeur dans toute l’Amérique latine et au-delà. Cependant, pour y parvenir, les combattants conscients doivent comprendre le danger qui menace le soulèvement et qu’il faut agir pour transformer les barrages en une révolution victorieuse.
Danger : Une situation bloquée nourrit la réaction
Le mouvement a montré son énorme puissance et prouvé qu’il peut menacer les intérêts des États-Unis et de leurs marionnettes au gouvernement. Mais paralyser le pays sans un plan clair pour prendre le pouvoir sans délai et réorganiser la société crée un vide dangereux.
L’impasse actuelle donne au gouvernement Paz un répit précieux pour organiser sa contre-offensive. Tout le monde sait que, dans les coulisses, les États-Unis manœuvrent pour soutenir Paz ; il y a des rumeurs qu’un flot d’argent, de renseignements et d’armes impérialistes alimente l’État et les organisations fascistes. C’est un danger mortel, il faut y faire face.
De plus, le blocage de la situation risque de pousser des couches de la population dans les bras de la réaction. L’énorme secteur informel bolivien – les millions de gremialistas et d’auto-entrepreneurs qui peinent à vivre de leur travail quotidien – ainsi que les pauvres et les classes moyennes des villes sont au bord de l’épuisement ; l’approvisionnement s’amenuise et l’inflation grimpe en flèche.
Si le mouvement n’entreprend pas immédiatement de proposer une alternative, la classe dirigeante se servira du désespoir de ces couches de la population pour se constituer une base de soutien à la répression.
Nous ne pouvons pas nous bercer de l’illusion qu’une transition pacifique du pouvoir par les élections résoudra la crise économique actuelle, comme le prétend Morales. Du Venezuela à Cuba, les États-Unis font clairement savoir qu’ils n’accepteront qu’une soumission totale. En fin de compte, si les masses n’imposent pas leur propre pouvoir, les États-Unis imposeront leur diktat.
La tâche : Des barrages à l’organisation pour le pouvoir
Pour mettre en échec ces menaces, le mouvement doit passer de la mise à l’arrêt de l’ancienne économie à l’organisation active de la nouvelle.
Mettons en place des comités pour gérer l’approvisionnement et la production ! Les organisations de travailleurs, de paysans et d’autochtones doivent former et coordonner des comités à travers tout le pays pour prendre le contrôle de la distribution alimentaire, des fournitures médicales et du carburant. Ces produits de première nécessité peuvent être soustraits aux grands intérêts capitalistes et distribués au peuple. Là où les patrons font des lock-out ou sabotent l’économie, les usines et les mines doivent être occupées et la production relancée sous contrôle ouvrier. En nourrissant la population et en prenant les manettes de l’économie, la révolution prouvera aux masses non organisées que les ouvriers et les paysans ne sont pas partisans du chaos. Elle montrera que les producteurs peuvent bien mieux diriger la société sans les patrons, les banquiers, les propriétaires terriens et autres parasites.
Il ne s’agit pas d’aider à gérer l’ancienne économie. Il s’agit de construire les fondations d’un gouvernement ouvrier, paysan et autochtone.
Pas d’accords pourris ! Ces comités de base doivent disposer d’un droit de veto absolu sur la direction. En aucun cas, les dirigeants syndicaux ou paysans ne doivent être autorisés à conclure des accords séparés ou partiels avec le régime de Paz.
Fraternisez avec les soldats ! Le gouvernement tente de mobiliser l’armée pour commettre un bain de sang. Le mouvement doit s’adresser aux soldats, qui sont des fils de travailleurs et de paysans autochtones. Il faut entraîner les soldats dans la lutte en les appelant à former des comités de soldats en mesure de garder à l’œil leurs officiers. Il est crucial que, si les officiers donnent l’ordre de tirer sur le peuple, les soldats soient prêts et disposés à retourner leurs armes contre eux. Nous ne pouvons pas attendre pour agir que sonne l’heure fatale. Nous devons nous adresser aux soldats dès maintenant. Avec eux à nos côtés, la révolution est sûre de triompher.
Écrasons dans l’œuf la menace fasciste ! Les organisations fascistes comme l’Unión Juvenil Cruceñista – les hommes armés de l’oligarchie de l’Est du pays, potentiellement armés par les États-Unis – constituent un danger mortel. Elles seront les troupes de choc de toute campagne de répression. Les ouvriers et les paysans, aux côtés des soldats du rang, doivent les désarmer, les isoler et les neutraliser dès maintenant, tant que l’État est affaibli et avant qu’ils ne puissent consolider leurs forces. Si nous attendons, cette vermine ne fera que gagner en puissance.
Les masses boliviennes ont montré qu’elles avaient le pouvoir non seulement de vaincre Rodrigo Paz, mais aussi de porter un coup historique à l’impérialisme dans toute l’Amérique latine. Il n’y a pas de temps à perdre.
- Ouvriers et paysans : Formez des comités pour exercer le pouvoir !
- À bas Paz et tous les laquais des États-Unis !
- Pour l’unité de l’Amérique latine contre l’impérialisme américain !

