https://iclfi.org/spartacist/fr/2026-bolivie/trahison
Le mouvement se trouve à un moment de tous les dangers. Les dirigeants ouvriers sont en train de trahir la lutte pour renverser Rodrigo Paz en échange de promesses de concessions pour leur propre secteur. La direction des travailleurs d’usine de la CGTFB s’est engagée hier à ne pas soutenir les barrages en échange de la promesse d’embauches. Les dirigeants des transporteurs ont passé un accord en échange de prêts. De leur côté, les dirigeants des fédérations départementales (COD) de la COB de Cochabamba, Tarija, Potosí, Chuquisaca et Santa Cruz (cette dernière avait déjà dénoncé les barrages) exigent que la COB entame des négociations avec le gouvernement pour arrêter la lutte en échange d’augmentations de salaires et autres revendications. Les dirigeants nationaux de la COB eux-mêmes, comme Mario Argollo et Claudio Choque, avaient déjà déclaré qu’ils étaient disposés à se rapprocher du gouvernement. Le grand danger, c’est que ces dirigeants vendent bientôt la cause eux aussi et rompent totalement l’alliance ouvriers-paysans. Il faut l’empêcher ! Le plus urgent est de s’opposer bec et ongles à cette trahison ! Il faut élire de nouvelles directions dévouées à la lutte et mettre à la porte les capitulards !
Il faut une nouvelle direction pour reconstruire le lien avec la paysannerie, qui a été mis à mal par les trahisons, afin de présenter une ligne d’action pour la victoire au-delà des barrages, en organisant et en coordonnant la lutte. Cela unifierait et redonnerait des forces au mouvement, une tâche urgente vu la grave division fomentée par les dirigeants vendus. Ce serait une catastrophe si les dirigeants de la COB poignardaient dans le dos les paysans en les laissant seuls dans la lutte contre le gouvernement. Cela causerait la démoralisation au sein du peuple, ouvrirait la porte à une répression sanglante contre les secteurs les plus combatifs et jetterait le discrédit sur les travailleurs aux yeux de la paysannerie. Cette politique de conciliation a déjà des conséquences dévastatrices en fracturant le mouvement ouvrier, notamment la fédération des mineurs. Cela pourrait provoquer l’implosion de la COB. Il faut s’opposer à tout prix à cette stratégie de diviser pour mieux régner ! Personne ne doit abandonner son poste dans la lutte. Aucun accord ! Paz dehors !
Si el Pollo [Paz, « le poulet »] parvient à briser la colonne vertébrale du mouvement paysan et à le dresser contre les ouvriers, il aura les mains libres pour lancer une offensive à grande échelle contre les conditions de vie des masses travailleuses et vendre les ressources du pays à ses patrons états-uniens. C’est très clair pour les gens dans les quartiers, les paysans et les travailleurs avec qui nous avons parlé sur les barrages. Ouvriers, ne laissez pas vos dirigeants vous vendre ; c’est le moment de battre les exploiteurs et les parasites qui vivent sur le dos du peuple, la main dans la main avec vos frères paysans. Il faut renverser la vapeur ! Dehors les dirigeants traîtres ! La Bolivie n’est pas à vendre ! Vive la lutte du peuple bolivien !

