https://iclfi.org/pubs/ro/2026-qc-elex
La peur de Trump domine les élections québécoises et les partis se chamaillent pour savoir qui va le mieux s’agenouiller devant l’impérialisme américain et/ou Lord Carney. La CAQ sous Christine Fréchette remonte la pente dans les sondages sur la base de son alliance avec le fédéral pour soi-disant protéger le Québec contre les tarifs. Paul St-Pierre-Plamondon a reculé la date d’un référendum sur la souveraineté pour après le départ de Trump. La population québécoise et canadienne est même prête à s’engager dans une guerre de tarifs coûteuse et futile avec les États-Unis afin de faire quelque chose, n’importe quoi, pour se défendre.
Dans ce climat de peur et de reculs, Carney, Fréchette, PSPP et les autres nous préparent par contre des années d’austérité, de coupures et d’attaques antisyndicales. Sauf Québec solidaire, bien sûr. Mais les belles promesses de QS resteront lettre morte parce qu’il n’a aucune force derrière lui capable de tenir tête à la grande finance et au patronat québécois, qui vont s’assurer qu’il n’y ait aucun réinvestissement sérieux en éducation, en santé, en transport collectif ou en logement social.
Mais il y a une alternative : la lutte. Plutôt que de nous tirer dans le pied avec une guerre tarifaire, la classe ouvrière doit se relever, rompre avec ces politiciens sans vision et combattre pour ses propres intérêts contre l’impérialisme U.S., le fédéralisme Canadian oppresseur et les élites québécoises mièvres et sans colonne. La classe ouvrière québécoise a toujours été la force motrice de la lutte de libération nationale, et c’est chez les travailleurs que l’appui à l’indépendance a toujours eu son assise la plus solide. Cette lutte peut donc servir à canaliser cette force ouvrière si elle est remise sur une base anti-impérialiste et internationaliste avec un programme pour la libération nationale sur une base lutte-de-classe.
Ce ne sera pas facile : la classe ouvrière est en mode défensif présentement et les perspectives de lutte paraissent bien lointaines. Mais c’est à la gauche marxiste québécoise de lutter pour changer cet état d’esprit défaitiste. Pour ce faire, il faut d’abord qu’on arrête de se désister de la lutte pour l’indépendance du Québec sous prétexte d’interprétations stériles et fallacieuses du léninisme (allô Parti communiste révolutionnaire). Mieux : il faut arracher cette lutte des mains du PQ identitaire et pro-impérialiste—et ce n’est pas QS avec ses utopies libérales de gauche qui va faire ça.
La promesse initiale d’un référendum de PSPP avait au moins eu le mérite de donner un peu d’espoir aux travailleurs et à une couche de jeunes, comme les Oui Québec, qui pensent qu’il est grand temps d’enfin libérer le Québec. Et quelle meilleure façon de combattre Trump ? Le Monsieur, il n’aime pas les pays indépendants, surtout pas dans les Amériques—alors mettons-en lui un tout nouveau en pleine face ! Au lieu de faire dans leur culotte comme Fréchette, PSPP et Cie, les travailleurs du Québec peuvent montrer l’exemple au reste du monde en luttant ainsi contre Trump et l’impérialisme.
On est tous d’accord dans l’extrême gauche que, pour accomplir quoi que ce soit, la classe ouvrière doit retrouver sa combativité. Et qu’elle doit se débarrasser des chefs syndicaux qui lui rabâchent qu’on ne peut rien faire qui aille à l’encontre du code du travail et du sempiternel « dialogue social ». Y’a un gros ménage à faire dans les centrales, c’est certain. Mais l’extrême gauche doit aussi nettoyer sa propre maison et se regarder dans le miroir : nous sommes divisés, faibles et pratiquement sans liens avec la classe ouvrière. Il faut commencer à remédier à cet état de chose : commençons par intervenir dans la présente campagne électorale, alors que les travailleurs portent une attention accrue à la politique. Tout en continuant de débattre de nos différences, l’extrême gauche pourrait très bien faire front commun et mettre au défi les candidats indépendantistes (PQ et QS) pour qu’ils et elles rejettent le programme pro-impérialiste et divisif de PSPP, et demander comme condition préalable à notre appui qu’ils et elles :
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Luttent pour un Québec indépendant qui rejette l’OTAN et apporte son soutien actif aux Palestiniens, aux Catalans, aux Kanaks, à Cuba et à tous les opprimés de la terre !
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Gagnent les immigrants à la lutte de libération nationale du Québec et les travailleurs québécois « de souche » à la défense de leurs camarades immigrants ! À bas les attaques contre les femmes musulmanes en éducation et dans les garderies—aucune perte d’emploi au nom de la « laïcité » ! Fin de l’impunité pour les abus policiers racistes !
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Demandent l’abrogation des lois antisyndicales de Legault/Boulet !
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Rejettent l’unité nationale : Pas de contre-tarifs mais la mobilisation des syndicats contre Trump, Carney et leurs laquais dans le patronat québécois !
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Fassent appel aux travailleurs canadiens anglais et américains pour qu’ils soutiennent un Québec indépendant contre les inévitables assauts d’Ottawa et de Washington, comme nous les soutiendrons dans leurs luttes !
La gauche pourrait alors mobiliser ses forces pour soutenir tout candidat qui se tient debout et défend ce programme. Et si, comme c’est probable, aucun n’en a le courage, alors au moins on aura mis la table pour la suite des choses. Le chemin sera long et ardu, mais c’est avec des gestes comme ça que l’extrême gauche pourra enfin commencer à se connecter à la classe ouvrière québécoise et forger quelque chose comme un parti des travailleurs.

